À la différence de la musique occidentale dans laquelle se sont développées l’art de la polyphonie et de l’harmonie, la musique arabe est ancrée sur la monodie où la mélodie est homophonique (une seule note jouée à la fois) et construite sur un système extrêmement riche de modes mélodiques, appelés Maqâm. Elle requiert aussi une pédale de basse ou un bourdon, afin d’assoir sa tonalité. Toutefois, à l’inverse de la musique indienne, cette base peut varier, et la musique arabe est par conséquent, extrèmement modulante. Les ouvrages arabes anciens sur la musique ont recensé jusqu’à 400 maqamat, dont trente au moins demeurent pratiqués.
Inspirés de l’échelle des sons et des intervalles de la musique grecque ancienne, les modes furent adaptés à la musique arabe. Ils reposent sur des intervalles de tierces (tricordes), quartes (tétracordes) et quintes (pentacordes), et reflètent la diversité des cultures rencontrées pendant l’expansion de l’Islam.
La musique arabe n’utilise pas, comme la musique occidentale, la gamme tempérée, mais la gamme naturelle, qui permet une interprétation toute différente de l’échelle des sons à l’intérieur d’une octave, et de leurs rapports (les intervalles). En conséquence, certains intervalles dans ces modes sont inférieurs au demi-ton occidental : le plus courant d’entre eux représente trois quarts de ton, mais l’on rencontre des intervalles d’un neuvième, de quatre neuvièmes et de cinq neuvièmes de ton. Si, dans la musique moderne, le monde arabe a souvent adopté le mode de notation occidental, le terme « gamme » est inapproprié, puisqu’il couvre théoriquement une octave, et que la musique arabe est construite sur des modes inférieurs à l’octave.
Les intervalles inférieurs au demi-ton sont nommés limma (1/3 de ton) et comma (1/9 de ton). Mais le plus utilisé est le 1/4 de ton. Les altérations utilisées pour indiquer les 1/4 de ton sont le « demi bémol » et le « demi dièse ». Pour noter ces intervalles inconnus dans la musique occidentale, on utilisait autrefois le bémol inversé (comme un d). Aujourd’hui on utilise le bémol barré.
Une autre particularité de cette musique, apportée par un art vocal très sophistiqué (résultant du système modal et de ces micro-intervalles), réside dans l’ornementation des lignes mélodiques homophoniques (les instruments sont alors utilisés à l’unisson ou à l’octave). Trille, glissando et autres variations rythmiques et mélodiques constituent une ornementation continue et souvent complexe.
Enfin, il faut signaler l’extrème richesse de la rythmique, avec des divisions très complexes du temps. Des cycles à 32 mesures ne sont pas rares. Là aussi, il y a une très grande volatilité de la structure rythmique, qui peut changer d’un instant à l’autre passant du ternaire au binaire, puis à des syncopes ou des rythmes boiteux.
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